Ces fourchettes de table Laguiole en Aubrac en cep de vigne amènent sur la nappe une matière brute qu’aucune autre essence ne donne. Les quatre dents d’inox attrapent la viande et rassemblent la garniture sans forcer, pendant que le manche de cep, noueux et organique, tient bien dans la paume et ne glisse pas, même au fil d’un long repas. Sa surface n’a rien de lisse ni d’anonyme : on y sent le grain, les reliefs, la trace du bois qui a vécu. Mises en regard des couteaux de la gamme, ces fourchettes ferment un service où le veinage tourmenté du vieux bois passe d’une pièce à l’autre, chaque souche ayant grandi à sa manière.
Tout se monte à la main, dans l’atelier aveyronnais de Laguiole en Aubrac. Le cep n’est pas un bois facile : vivant, strié de nœuds et de zones sombres, il oblige le coutelier à trier les parties les plus saines avant même de les travailler. Chaque manche est ensuite façonné et poli un par un, puis refermé par les deux mitres d’inox qui en protègent les bouts et l’équilibrent en main. De ce tri et de ce soin naît un service où chaque pièce garde l’empreinte de sa souche : pas deux fourchettes identiques dans le coffret, et c’est précisément ce qu’on attend d’un couvert fait main.
En main, le cep de vigne a ce contact chaleureux et texturé des bois anciens, plaisant à tenir, ferme sous les doigts, sans la froideur d’un couvert tout en métal. C’est aussi une matière qui a du sens à table : issue d’une ressource renouvelable, puisque les vignes sont régulièrement replantées, elle donne une seconde vie à des souches qui ont produit le raisin pendant des décennies. Avec le temps, le bois se patine, ses contrastes s’approfondissent, et le couvert gagne ce caractère rustique que le coffret neuf ne laisse pas deviner. Un minimum d’attention suffit pour que ces fourchettes tiennent la table pendant des années.















