Ce service à découper Laguiole en Aubrac en pointe de corne ne recule pas devant une dinde, un jambon ou une côte de bœuf. Le long couteau entre sans peine dans la pièce et en détache des tranches régulières, d’un trait. La fourchette à deux dents, elle, immobilise la viande le temps que la coupe se fasse, bien droite. Les deux manches de corne, tièdes et légers, ont la même forme, si bien que l’on passe du couteau à la fourchette sans rien changer à sa prise.
La pointe de corne provient de l’extrémité de la corne de zébu, sa partie la plus pleine et la plus colorée. Chaque pièce porte ses propres flammes: des plages claires, blondes ou ambrées, fondues dans des zones plus brunes, parfois parcourues de reflets translucides. Le polissage brillant révèle ces nuances et donne à la corne sa transparence et sa lumière, tiède sous la main. Le guillochage, lui, ne mord pas la corne: il est tiré à la lime sur la soie d’acier cachée sous les plaquettes, un détail d’atelier rare sur un service de découpe. Tout brille du même éclat, le manche comme le métal, et le couteau porte sa croix du berger.
Réalisé à la main à Espalion, en Aveyron, par les artisans couteliers de Laguiole en Aubrac, ce service demande à la corne un travail attentif: chaque manche est retenu pour ses flammes, puis ajusté et poli un par un jusqu’à s’accorder à son couteau. Le montage pleine soie prolonge la lame en une barre d’acier qui occupe tout le manche, et c’est ce qui donne au couteau l’aplomb qu’il faut pour entamer une grosse pièce.











