Six couverts complets dans une même corne sombre, prêts pour une table de six. Cette ménagère Laguiole en Aubrac 12 pièces en corne de buffle vise qui reçoit et préfère une matière vivante au bois ou au métal. Le couteau porte un fil bien affûté qui détache la viande sans la déchirer, et la fourchette en épouse la longueur et la courbe, pour que le couple tienne en main du premier au dernier plat.
Le montage reste manuel, couvert par couvert, dans l’atelier Laguiole en Aubrac, en Aveyron. Le coutelier choisit la corne, la met au manche et la conduit au brillant, dépose l’abeille en tête du couteau et sertit la Croix du Berger sur le côté ; à chaque extrémité, une mitre d’inox referme le manche et tient l’équilibre de la pièce. Comme aucune corne ne se laisse travailler comme la voisine, ce sont ces gestes répétés à l’unité qui séparent une ménagère d’atelier d’un service industriel.
On n’acquiert pas un tel service pour une soirée, mais pour la longue file de tables à venir. Il parle à qui aime recevoir avec une matière de caractère et tient à un ensemble accordé plutôt qu’à des pièces rassemblées au hasard. On le sort pour les réceptions comme pour le repas du dimanche, puis on l’enrichit avec le temps, du service à dessert aux plats de découpe. La corne ne réclame presque rien : lames lavées à la main, manches tenus au sec, et la matière garde son noir profond saison après saison.













