Ce couteau à fromage Laguiole en Aubrac en amourette reprend la forme d’un classique de la table française, le couteau réservé au fromage. Sa lame recourbée se prête aux pâtes molles et demi-dures, un coulommiers, un maroilles, une raclette de ferme: on suit la courbe pour ouvrir la part, puis on retourne le couteau et les deux pointes piquent le morceau pour le déposer dans l’assiette sans le toucher. Couper, servir: un seul geste, élégant, comme le veut le fromage présenté à la française.
Le manche est taillé dans l’amourette, un bois d’Amérique du Sud que l’on surnomme bois serpent pour son dessin: des veines sombres, fines et serrées, qui ondulent sur un fond brun-rouge comme une peau de reptile. Chaque manche tire de cette matière une figure différente, jamais reproduite à l’identique. C’est un bois très dur et lourd, qui donne au couteau une belle tenue. Sa finition brillante creuse le contraste des veines et fait jouer la lumière sur le grain.
Sur la table, ce couteau a quelque chose d’un petit cérémonial: on coupe la part, les deux pointes emmènent le morceau, et le fromage arrive entier dans l’assiette. C’est le plaisir d’un couteau dédié au seul fromage, et celui d’un bois rare qu’on laisse bien en vue sur la planche jusqu’au dernier verre. De ces objets qu’on remarque quand on reçoit, et qui traversent les années.









