Ce couteau à fromage Le Buron Laguiole en Aubrac en olivier porte le nom des cabanes de pierre de l’Aubrac, et il a de l’allure. Sa lame courbe se plaît dans les pâtes molles et mi-dures, un munster, un pont-l’évêque, un chaource: la courbe entre dans la pâte, ouvre la part d’un geste net, et la soulève vers l’assiette. Le large manche, dense, cale la main et assure le geste. Couper et servir d’un même mouvement, avec une pièce qui en impose, c’est ce qu’on lui demande.
Le Buron va droit au but côté dessin. Son large manche plat remplit la main et, surtout, lui permet de tenir debout sur la table, à la verticale. La construction, dite plein manche, fait courir la lame sous toute la longueur du manche, où les plaquettes d’olivier viennent se river, fermées à l’avant par une mitre d’inox. Au dos, l’abeille de Laguiole en Aubrac reste fidèle au poste, mais retravaillée plus épurée et plus géométrique que sur les modèles classiques. Une ligne franche et actuelle, sans rien renier de la maison.
Place ici à l’olivier, un bois dense et chaud que la coutellerie compte parmi les plus durs d’Europe. La finition satinée garde le bois mat, sans reflet, quand la lame brille franchement: le contraste entre l’acier clair et le doré du bois donne du relief à l’ensemble. Et il y a ce doré profond, traversé d’ondes brunes, qui change d’aspect selon la lumière.











