On croirait qu’il vient d’être déposé sur l’autel d’un temple oublié, quelque part entre jungle et ciel. Son manche en loupe de peuplier vert, presque fluorescent, semble capturer une lumière intérieure : un vert éclatant traversé de fines veines qui évoquent des racines, des nervures de feuilles ou les lignes d’énergie d’un vieux monde.
Au sommet, l’abeille n’est plus seulement un emblème, c’est une figure. Enfermée dans son cerclage, elle se tient là comme une prêtresse maya, hiératique et souveraine. Son corps ciselé de bandes régulières rappelle les anneaux d’un totem, tandis que ses ailes gravées avec élégance prolongent le mouvement du manche. La tête ronde, entourée d’une sorte de couronne rayonnante, donne à l’ensemble un air de petite divinité solaire, à la fois mystérieuse et bienveillante.
Le ressort ciselé et finement martelé joue avec la lumière : les creux et les reliefs créent un effet de profondeur en trois dimensions, comme un bas-relief miniature. Le regard glisse ensuite vers les intercalaires bleus, qui tracent une ligne discrète entre métal et bois. Ce bleu souligne le vert éclatant du peuplier comme un ciel d’orage met en valeur l’intensité des prairies après la pluie.
“Prêtresse d’Émeraude” n’est pas un couteau que l’on pose et que l’on oublie. C’est une présence. Un objet qui parle de rites anciens, de forêts brûlantes de couleur, de gestes lents et précis. Une pièce qui invite autant à la contemplation qu’au service de table.

















