On dirait des signaux gravée dans la matière, un fragment d’alphabet oublié que le coutelier aurait réveillé du métal. Le manche en loupe de peuplier vert, vif et éclatant, semble presque lumineux. Sa couleur rappelle autant les pierres semi-précieuses que les jeunes feuilles traversées par le soleil.
L’abeille, ici, ne suit plus la forme classique. Des lignes la traversent en profondeur, brisant la silhouette attendue pour en faire un signe, un symbole. Ces mêmes lignes se prolongent tout au long du ressort, comme si le couteau était parcouru d’une écriture continue. Entre ces tracés se dessinent de multiples espaces graphiques, finement martelés du bas du ressort jusqu’au sommet de l’abeille, créant un jeu d’ombres et de lumière qui change selon l’angle et le regard.
Les intercalaires noirs encadrent le vert éclatant du peuplier comme l’encre encadre le blanc du papier. Ils renforcent la dimension graphique de la pièce, soulignant la jonction entre le bois et le métal. Glyphes d’Émeraude n’est pas seulement un Laguiole : c’est un signe à part entière, une ligne de calligraphie posée dans la paume, prête à écrire d’autres histoires à table ou au fond de la poche.

















