Ce Sommelier Laguiole en Aubrac en Coquilles de Turbo est le tire-bouchon des verts profonds, celui qu’on choisit quand on aime que la matière ait du fond plutôt que de l’éclat. Sa nacre de burgau évoque l’eau des lagons là où elle devient sombre, au-dessus des tombants, et s’accorde bien aux blancs qui ont de la matière : un vermentino de Corse, un verdelho, un blanc de garde un peu mûr. Là où l’ormeau scintille, le turbo couve : sa couleur vient du fond de la coquille, pas de sa surface. Déboucher un vin de caractère, ce sommelier tire-bouchon Laguiole à la main, c’est faire dialoguer deux verts, celui du manche et celui des reflets du vin dans le verre.
Dans la paume, le manche a quelque chose de dense et de frais, une matière qui semble garder la fraîcheur de l’eau dont elle vient. Les fragments de turbo composent des plages de vert bouteille, de bleu canard et de gris ardoise, séparées par des lignes plus claires là où la nacre s’amincit. Selon l’angle, certaines zones s’assombrissent presque jusqu’au noir, d’autres s’ouvrent sur un vert d’eau lumineux ; le dessin ne se répète sur aucune pièce. Le satiné garde ces verts dans un registre profond et mat, et offre une prise franche au moment où le levier fait son travail. Fermé près des verres, il fait l’effet d’une pierre dure posée là, qu’on a envie de prendre en main.
Ce sommelier en coquilles de turbo va à celui qui fuit les couleurs faciles et préfère les teintes qui se méritent : l’amateur de vert anglais, de bleu de Prusse, de tout ce qui a de la densité. C’est un cadeau pour un caractère, pas pour une mode, et il se distingue d’emblée des nacres claires qu’on voit partout. Une pièce qui prend de la profondeur avec le temps, comme les beaux objets sombres qui se patinent sans jamais s’éclaircir. D’un repas à l’autre, on y revient pour cette couleur qu’aucun bois et aucune nacre claire ne donnent.
Fabrication artisanale en Aveyron, zone d'origine historique du couteau de Laguiole














