Avec ce Sommelier Laguiole en Aubrac en Racine de Bruyère, déboucher se règle en quelques secondes. On engage la mèche au milieu du liège, on visse, et les cinq spirales filetées s’enfoncent jusqu’au bout sans rien arracher. Le talon du levier s’appuie au bord du goulot ; il ne reste qu’à lever le bras pour voir le bouchon sortir net, d’un seul tenant. La lame ouvre la capsule en amont, le décapsuleur s’occupe des bouteilles à capsule métallique. Du début à la fin, une seule main travaille, sans peiner ni s’y reprendre. C’est l’instrument de chaque jour pour qui sert vraiment le vin, chez soi comme derrière un comptoir.
Posé sur la table, le manche de bruyère réchauffe la scène. Son bois mordoré, ses veines profondes et ses petits nœuds attirent le regard pendant que la bouteille respire, et sa matière dense a ce contact tiède et rassurant des bois anciens. C’est un manche qui évoque le coin du feu, le fauteuil de cuir, la pipe que l’on bourre sans hâte. Sur un rouge généreux, un vin du Sud chaleureux ou un vieux millésime, la couleur du verre prolonge celle du bois qui vient de l’ouvrir, dans une même gamme de bruns et de rouges profonds. L’accord se joue à l’œil, dans la chaleur partagée du bois et du vin.
Ce sommelier en racine de bruyère est fait pour qui aime les bois nobles et les belles matières d’autrefois : l’amateur de pipes et de cuir, l’hôte qui sert le vin avec un objet qui a du fond. Il se distingue des bois pâles par sa chaleur et son grain dense, et fait un cadeau de caractère, de ceux qu’on garde longtemps et qui se patinent sans rien perdre de leur noblesse. Au fil des années, le manche fonce et s’approfondit, prenant la teinte des bois longuement manipulés. Et à chaque nouvelle bouteille, on le retrouve avec le même attachement.
Fabrication artisanale en Aveyron, zone d'origine historique du couteau de Laguiole













