On dirait le pied d’un mur ancien, à l’heure où le soleil le réchauffe. La loupe de bois de fer donne cette lumière là : un embrasement de caramel, d’acajou et de roux qui tourbillonne sous le poli comme des flammes prises dans l’ambre, tenu entre deux mitres d’acier aussi sobres que des pierres de taille. C’est sur cette paroi chaude, patinée comme une pierre d’église, qu’une plante a trouvé prise. Il faut tourner la pièce dans la main pour voir le bois s’animer : chaque flamme change alors de profondeur selon l’angle de la lumière, comme un mur au couchant.
La liane, elle, monte. Le long du ressort, ses volutes s’enroulent l’une après l’autre, lancent leurs feuilles en pointes, reprennent leur élan sur les pans des mitres et poursuivent leur ascension sur toute la longueur du dos. Rien ne l’arrête : ciselée en relief profond, détourée volute après volute sur son fond sombre, elle grimpe comme grimpent les plantes sur la pierre des églises — patiemment, sûrement, portée vers le haut par une force tranquille que rien ne presse et que rien ne détourne.
Et au sommet, la lumière l’attend. Les ailes de l’abeille s’ouvrent comme deux vitraux : des panneaux sertis de nervures d’acier, posés sur un grain fin qui diffuse le jour au lieu de le réfléchir, tandis que le corps annelé fait office de meneau entre les deux verrières. La liane s’achève là, au pied de cette rosace d’insecte, et toute la pièce se relit alors de bas en haut : la pierre chaude du bois de fer, la plante qui s’élève, le vitrail qui l’accueille. « Liane Céleste » est un couteau qui raconte une ascension — celle d’une tige obstinée montée de la matière vers la lumière, et que l’on tient, tout entière, dans la main.











